199-jeru arch

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 Dead Horse in Front Of Silwan

 

Up on the hills, I saw the sun rise red

then fall like a rusted bullet.

Nothing should die in this light,

into the illusion that war is an idea.

That dream won’t suffice here.

Your horse head, your beautiful dead head,

knows the fever of my race,

the joy of playing with weapons,

That race for whom a battlefield

is a paradise in bloom.

Since Carthage, blood polishes your flanks,

the memory of that caress suffices.

Stay longer, my splendid beast.

Poppies dance slightly above the ground,

like after a light glass of wine.

They perforate the mount of olives, warm

the stones, where will I bury your heat ?

My heart doesn’t beat in my chest anymore,

it lies under your hooves, hitting the land.

I found no alternative to beauty,

to rapture. No beats similar to

yours. We were lighter

and faster than rifles, our galops

more exciting than a hundred russian roulettes.

Now Jerusalem lies at our feet, and you

in that rhythm I cannot hold.

A certain slant of light rolls

your hair into silk, seems to say

that your wear your death well,

that out of this warm sack

you could grow some wings

but nothing happens, the camera

has lost its taste for fables.

Poor Pegasus, the sky burnt,

went back to its spark.

Your body lies bare against

a rock, and my heart,

like a berry, just beneath.

 

Cheval Mort devant Silwan

 

Sur les collines, j’ai vu le soleil se lever rouge

puis retomber comme une balle rouillée.

Rien ne devrait mourir sous cette lumière,

dans l’illusion que la guerre est une idée.

Ce rêve ici ne suffit pas.

Ta tête chevaline, ta jolie tête morte,

connaît la fièvre de ma race,

la joie de jouer avec les armes.

Cette race pour laquelle

un champ de bataille est un paradis en fleurs.

Le sang polit tes flancs depuis Carthage,

la mémoire de cette caresse suffit.

Reste encore, ma stupéfiante bête.

Les coquelicots dansent légèrement au dessus du sol,

comme après un léger verre de vin.

Ils perforent le mont des oliviers, réchauffent

les pierres, où vais-je enterrer ta chaleur ?

Mon coeur ne bat plus dans ma poitrine,

il est sous tes fers, frappant la terre.

Je n’ai pas trouvé d’alternative à la beauté,

à l’ivresse. Pas de battements semblables

aux tiens. Nous étions plus légers

et plus rapides que les fusils, nos galops

plus grisants que cent roulettes russes.

Maintenant Jérusalem gît à nos pieds, et toi,

dans ce rythme que je ne peux pas saisir.

Une certaine inclinaison de la lumière

roule tes crins dans la soie,

semblant dire que tu portes

bien ta mort, que de ce sac tiède

pourraient sortir des ailes, mais rien

ne se passe, la caméra

a perdu le goût des fables.

Pauvre Pégase, le ciel a fini de brûler,

il est retourné à son étincelle.

Ton corps repose nu

contre une pierre, et mon coeur

comme une baie, juste au-dessous.